Fixer avec votre mentor des objectifs que vous tiendrez
Un objectif de mentorat, c’est ce à quoi vous revenez avec votre mentor à chaque rencontre. Un objectif s’efface quand il appartient à quelqu’un d’autre, ou quand il décrit une activité plutôt qu’un changement. Ce guide présente trois tests pour un bon objectif, une méthode légère, quatre exemples et la place de l’objectif dans les formulaires du programme.
Trois tests pour un objectif que vous poursuivrez
- Un état, pas une activité. « Multiplier les tête-à-tête avec des personnes expérimentées » est une activité : vous pouvez la mener sans avoir avancé. « Savoir d’ici mars si je veux passer au management, et l’avoir dit à mon manager » est un état. Demandez-vous : si j’y arrivais, qu’est-ce qui aurait changé, et qui s’en apercevrait ?
- Le vôtre, pas celui qu’on attend. Les premiers objectifs sont souvent empruntés : au manager, à l’exemple du programme, à ce qui fait sérieux. Demandez-vous : le voudrais-je encore si personne ne m’en demandait jamais de nouvelles ?
- À la mesure du temps disponible. Six rencontres mensuelles représentent environ six heures avec votre mentor, plus votre propre travail entre les deux. « Devenir à l’aise à l’oral » n’y tient pas. « Faire la prochaine présentation d’équipe sans notes et obtenir un retour écrit de deux personnes » y tient.
Un exemple. « Améliorer mon leadership » devient « animer moi-même la réunion d’équipe hebdomadaire pendant deux mois, et obtenir l’avis franc de mon manager sur le résultat ». Il y a désormais quelque chose à faire cette semaine et quelque chose à vérifier dans deux mois.
Une méthode en cinq étapes, sans paperasse
- Rédigez seul un premier jet. Avant la première rencontre, écrivez un ou deux objectifs en mots simples, avec la situation qui les explique. Ne peaufinez pas.
- Affinez-le à la première rencontre. Lisez le jet à votre mentor et laissez-le vous interroger. Repartez avec l’objectif révisé, écrit dans vos mots.
- Convenez d’une étape datée par rencontre. Pas un plan complet : une chose que vous aurez terminée avant la rencontre suivante.
- Faites le point à chaque rencontre. Deux minutes au début : l’étape a-t-elle eu lieu, qu’avez-vous appris, l’objectif est-il toujours le bon ? C’est en sautant ce point que les objectifs s’effacent.
- Changez sur la base de faits. Si vous avez appris que l’objectif est mauvais, changez-le. Si vous avez eu deux mauvaises semaines, gardez-le.
- Revoir la dernière étape
- Parler de ce que vous avez appris
- Vérifier que l'objectif tient
- Convenir de l'étape suivante, datée
- La faire avant la rencontre suivante
Un objectif
Votre mentor pose des questions qui affinent l’objectif, dit s’il lui semble réaliste et raconte comment un objectif semblable s’est passé pour lui. Il ne fixe pas l’objectif, ne vous trouve pas le poste et ne prend pas la décision finale. Comment préparer une rencontre de mentorat explique comment apporter l’objectif à chaque rencontre sans en faire un compte rendu d’avancement.
Des objectifs pour quatre profils de mentoré
Un salarié, trois ans d’ancienneté, qui se sent bloqué.
- Premier jet : « Être promu. »
- Pourquoi ça ne marche pas : la décision ne vous appartient pas, et le programme se termine avant la prochaine campagne de promotions.
- Mieux : « D’ici la fin du programme, avoir par écrit ce qu’exige le niveau supérieur, l’évaluation franche de mon manager sur où j’en suis, et un écart sur lequel je travaille de façon visible. »
- Première étape : demander à son manager 30 minutes pour parler du niveau supérieur, et noter ce qu’il dit.
Une étudiante de dernière année qui choisit sa voie.
- Premier jet : « Y voir clair sur ma carrière. »
- Pourquoi ça ne marche pas : trop vaste pour agir, et aucun moyen de savoir quand c’est fait.
- Mieux : « Parler à trois personnes qui exercent les deux métiers que j’envisage, et savoir d’ici la fin du semestre pour lequel je postule, et pourquoi. »
- Première étape : demander une mise en relation à son mentor, et trouver les deux autres contacts via le réseau des alumni de l’université.
Un fondateur en accélérateur.
- Premier jet : « Croître plus vite. »
- Pourquoi ça ne marche pas : une activité sans fin, qui ne porte guère sur le fondateur lui-même.
- Mieux : « Décider, chiffres à l’appui, s’il faut garder les deux segments de clientèle ou en abandonner un, et avoir tranché avant le demo day. »
- Première étape : sortir les chiffres des deux segments et les apporter à la rencontre suivante.
Une professionnelle qui reprend après une interruption de carrière.
- Premier jet : « Revenir là où j’en étais. »
- Pourquoi ça ne marche pas : il se mesure à un passé qui a évolué, et relève plus de l’inquiétude que de l’objectif.
- Mieux : « D’ici quatre mois, maîtriser les deux outils que mon secteur a adoptés pendant mon absence, et avoir parlé avec un recruteur de ce que serait un premier poste réaliste. »
- Première étape : demander à son mentor ce qui a changé dans le secteur ces trois dernières années, et noter les deux points les plus importants.
Chaque version améliorée nomme quelque chose à faire ce mois-ci, et dépend des actions du mentoré, pas de la décision de quelqu’un d’autre.
Quand l’objectif change
Attendez-vous à ce qu’il change. Le premier objectif est écrit avec le moins d’informations que vous aurez jamais : le modifier montre que les rencontres fonctionnent.
- Changez sur la base de faits, pas d’humeur. Le poste n’est pas ce que vous pensiez, votre situation a évolué, ou l’objectif était celui de votre manager. Une semaine décourageante n’est pas une raison.
- Dites-le en début de rencontre : « Je pense que l’objectif a changé, et voici pourquoi. »
- Réécrivez-le avec les trois mêmes tests. Un objectif modifié au quatrième mois doit être plus petit que celui qu’il remplace.
- Mettez à jour le formulaire du programme, pour que le bilan final porte sur l’objectif réellement poursuivi.
Une étudiante partie pour choisir entre deux métiers, et qui découvre au troisième mois qu’elle n’en veut aucun, n’a pas échoué. Le premier objectif a joué son rôle ; le nouveau, trouver et tester une troisième piste, n’existe que grâce à lui.
L’objectif et les formulaires du programme
Les programmes structurés demandent souvent un formulaire au départ, une note après chaque rencontre, un point à mi-parcours et un bilan final.
- Au départ. Inscrivez l’objectif affiné lors de la première rencontre. Si vous devez répondre avant d’avoir rencontré votre mentor, inscrivez le premier jet et corrigez-le ensuite.
- Après chaque rencontre. Une ligne sur l’étape convenue et sur la réalisation de la précédente. Dans Mentornity, les formulaires de rencontre s’ouvrent depuis la page de la rencontre.
- À mi-parcours. Dites honnêtement si l’objectif est toujours le bon. La coordination se sert de ces réponses pour repérer les binômes qui ont besoin d’aide.
- Le bilan final. Évaluez-vous par rapport à l’objectif réellement poursuivi, changements compris. « Je voulais faire X, j’ai appris Y et je termine sur Z » est une réponse complète.
Quand l’objectif figure dans vos notes, dans celles de votre mentor et dans les formulaires du programme, trois personnes le font vivre.