Évaluation d'un programme de mentorat : modèle, KPI, calendrier

Mis à jour : 8 octobre 2026 6 min de lecture

L’évaluation d’un programme de mentorat consiste à vérifier de façon structurée que le programme se déroule comme prévu et qu’il avance vers les objectifs pour lesquels il a été créé. On suit la participation, la qualité des relations mentor–mentoré et quelques indicateurs de résultats à des moments fixes, de l’état initial au suivi, pour améliorer la promotion suivante.

Presque tous les programmes collectent des données ; peu collectent les bonnes au bon moment. Ce guide vous donne un modèle, une liste de KPI à reprendre, un calendrier de mesure et les pièges qui faussent l’évaluation.

Pourquoi évaluer un programme de mentorat ?

  1. Pour corriger en cours de route. Un point à mi-parcours qui révèle qu’un tiers des binômes ne se voit plus vaut davantage qu’un beau bilan final.
  2. Pour décider de ce qu’on garde. Quel format, quelles règles de matching, quelle structure de séances reconduire ?
  3. Pour répondre au commanditaire. Direction, conseil d’administration ou financeur demanderont ce que le programme a apporté.

Si seule la troisième raison guide l’évaluation, elle devient un exercice de reporting que personne n’utilise. Commencez par les deux premières.

Quel modèle d’évaluation utiliser ?

Le cadre le plus connu est le modèle à quatre niveaux de Donald Kirkpatrick, conçu à l’origine pour la formation. Il convient bien au mentorat car il distingue ce que les gens ont ressenti de ce qui a réellement changé.

NiveauQuestion pour un programme de mentoratPreuves typiques
1. RéactionMentors et mentorés ont-ils jugé la relation utile ?Retours après les rencontres, questionnaire de fin
2. ApprentissageQu’a appris le mentoré : compétences, savoirs, confiance, réseau ?Auto-évaluation sur les objectifs au début et à la fin
3. ComportementLe mentoré agit-il autrement au travail ou dans ses études ?Progression des objectifs, exemples, avis du manager ou du tuteur
4. RésultatsLes indicateurs visés ont-ils évolué ?Maintien, mobilité interne, préparation, poursuite d’études

Deux règles : ne vous arrêtez pas au niveau 1, une forte satisfaction ne prouve aucun changement ; ne sautez pas directement au niveau 4, sans les niveaux 2 et 3 vous ne saurez pas expliquer pourquoi un indicateur a bougé.

Quels KPI suivre ?

Choisissez quelques indicateurs dans chaque famille.

FamilleKPICalcul ou collecteCe qu’il indique
ParticipationCandidaturesCandidatures mentors et mentorés par promotion, face à l’objectifDemande et équilibre de l’offre
ParticipationTaux de matchingParticipants appariés ÷ candidats éligiblesSi l’offre, les règles ou le processus ont exclu des personnes
ParticipationRencontres par binômeRencontres enregistrées ÷ binômes actifs, face au planSi les relations fonctionnent vraiment
ParticipationAbandonsBinômes qui ne se voient plus ou partis avant la fin ÷ tous les binômesOù et quand le programme perd des gens
QualitéSatisfactionNote plus une question ouverte, après les rencontres et à la finValeur perçue, signal d’alerte précoce
QualitéProgression des objectifsAuto-évaluation par objectif au début, à mi-parcours et à la finSi le travail porte sur ce qui a été convenu
Indicateur de résultatMaintienPart des mentorés encore présents après 6 ou 12 mois, à côté d’un groupe de comparaisonUn signal à suivre, pas une preuve d’effet
Indicateur de résultatPromotion ou mobilité interneMouvements sur la période de suivi, à côté d’un groupe de comparaisonÉvolution de carrière liée à la finalité
Indicateur de résultatPréparationPréparation à un poste suivant, par le manager ou en auto-évaluationVivier pour les programmes de leadership ou de succession
Indicateur de résultatPoursuite du parcours (étudiants)Passage en année supérieure, diplôme, insertion ou poursuite d’étudesL’équivalent du maintien pour les étudiants

Traitez chaque ligne de résultat comme un indicateur à suivre, pas comme un effet obtenu. Et notez une cible à côté de chaque KPI avant le démarrage : un chiffre sans cible ne se lit pas.

Quand mesurer ?

  1. État initial (avant la première rencontre). Le mentoré se note sur chaque objectif, plus quelques questions sur la confiance, le réseau et l’intention de rester ou de poursuivre.
  2. Mi-parcours. Un pouls rapide : le binôme se voit-il, est-ce utile, quelque chose bloque-t-il ? C’est le moment de réapparier ou d’intervenir.
  3. Fin de cycle. Questionnaire complet pour les deux côtés, nouvelle note des objectifs, total des rencontres et taux d’achèvement.
  4. Suivi (trois à douze mois plus tard). Comportements et résultats prennent du temps.

Les questions prêtes à l’emploi pour chaque moment se trouvent dans le modèle de questionnaire d’évaluation du mentorat.

D’où viennent les données ?

  • Questionnaires. Courts, constants et répétés aux mêmes moments, pour comparer les réponses dans le temps.
  • Historique des séances et rencontres. Dates, présence, séances réalisées, retours après chaque rencontre. Ce sont des données de comportement, pas des opinions : votre preuve de participation la plus fiable.
  • Données RH, scolarité ou adhérents. Maintien, mobilité, poursuite du parcours. À manier avec soin : cadrer l’accès avec les RH ou le responsable des données, associer les représentants du personnel le cas échéant, informer les participants dès l’inscription de l’usage prévu, ne publier que des agrégats et masquer les groupes trop petits. Le RGPD impose minimisation et finalité claire.

Comment comparer de manière équitable ?

Toute évaluation finit par buter sur la question : cela ne serait-il pas arrivé de toute façon ? Les volontaires sont souvent déjà plus motivés, mieux connectés ou plus enclins à rester.

  • Groupe de comparaison apparié. Comparer les mentorés à des non-participants de rôle, niveau, ancienneté ou année d’études similaires.
  • Liste d’attente. Si la demande dépasse l’offre de mentors, les personnes en attente forment un groupe de comparaison naturel le temps d’un cycle.
  • Déploiement progressif. Lancer d’abord dans certains sites ou services et comparer avec ceux qui démarrent plus tard.

Même ainsi, présentez des corrélations plutôt que des causes. Pour la question financière, le guide sur le ROI d’un programme de mentorat montre comment mettre coûts et résultats côte à côte sans surpromettre.

Quelles sont les erreurs d’évaluation fréquentes ?

  • Pas d’état initial. Sans point de départ, aucun changement démontrable.
  • Seulement la satisfaction. Un programme apprécié peut ne rien changer.
  • Trop de KPI. Chaque indicateur a besoin d’un responsable et d’une cible.
  • Mesurer seulement à la fin. Les binômes arrêtés en semaine trois sont déjà perdus.
  • Revendiquer une causalité. Maintien et promotion sont des indicateurs, pas des effets prouvés.
  • Ignorer les abandons. N’interroger que ceux qui terminent gonfle tous les chiffres.
  • Des données que personne ne lit. Décidez à l’avance qui reçoit les résultats et pour quelle décision. Pour en faire un rapport lisible par la direction, voir présenter les résultats du mentorat.

L’évaluation n’est qu’une partie du pilotage ; le reste du cycle est dans comment gérer un programme de mentorat.

Comment un logiciel aide-t-il à évaluer ?

Avec un tableur, l’essentiel des données de participation se récupère par e-mail. Dans Mentornity, chaque rencontre réservée via la plateforme est enregistrée avec sa date, ses participants et sa séance ; les administrateurs voient quels binômes se sont rencontrés, lesquels ont pris du retard sur leurs séances et lesquels se sont tus. Les séances peuvent comporter des questions avant et après chaque rencontre, les formulaires de feedback font partie du programme et des rappels partent vers ceux qui ont un formulaire ouvert ou un retour manquant. Les rapports s’exportent en graphiques, Excel ou PDF, avec un score de Santé du programme mis à jour chaque semaine. Découvrez le fonctionnement pour le mentorat en entreprise ou essayez gratuitement jusqu’à 10 utilisateurs.

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Questions fréquentes

Comment évaluer un programme de mentorat ?

Clarifiez d'abord la finalité du programme, puis mesurez à quatre niveaux : comment les mentors et mentorés l'ont vécu, ce qu'ils ont appris, ce qu'ils font différemment au travail ou dans leurs études, et si les indicateurs visés ont bougé. Faites un état initial avant la première rencontre, un point à mi-parcours, un bilan final et un suivi quelques mois plus tard.

Quels KPI suivre pour un programme de mentorat ?

Trois familles. Participation : candidatures, taux de matching, rencontres par binôme et abandons. Qualité : satisfaction et progression sur les objectifs de chaque mentoré. Indicateurs de résultats : maintien dans l'organisation, promotion ou mobilité interne, préparation à un poste suivant, et pour les étudiants, la poursuite du parcours. Mieux vaut suivre peu d'indicateurs avec rigueur que vingt sans suivi.

Qu'est-ce que le modèle de Kirkpatrick appliqué au mentorat ?

Le modèle de Kirkpatrick, du nom de Donald Kirkpatrick, est un cadre à quatre niveaux très utilisé pour évaluer la formation : réaction, apprentissage, comportement et résultats. Appliqué au mentorat, il demande si les participants ont jugé la relation utile, ce qu'ils ont appris, s'ils agissent autrement et si les indicateurs visés par le programme ont évolué.

Quand mesurer un programme de mentorat ?

À quatre moments : état initial avant le matching, point rapide à mi-parcours, bilan complet à la fin, et suivi trois à douze mois après. L'état initial est celui que la plupart des programmes oublient, alors que c'est lui qui donne du sens à tous les chiffres suivants.

Peut-on prouver que le mentorat améliore la rétention ?

Rarement avec certitude. Les volontaires au mentorat diffèrent souvent de ceux qui ne s'inscrivent pas, et une comparaison simple flatte le programme. Un groupe de comparaison comparable, une liste d'attente ou un déploiement progressif vous rapprochent d'une mesure juste, mais présentez les résultats comme des corrélations, pas des causes.

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